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Mes débuts tardifs dans l'écriture

Je ne sais plus quel grand chanteur disait que cette façon d'étaler nos sentiments, parfois notre vie sur scène avait quelque chose d'indécent...alors je vais être indécent.

Si vous avez lu mon premier article qui vous dévoilait le secret de la couverture de l'album - tin tin tiiiinnn - vous avez sûrement noté que "La Grand-Mère" était le premier morceau que j'avais écrit.

Cette grand-mère est décédée en 2005. Elle avait quatre-vingt-dix-neuf ans. Ce n'était pas vraiment la "mamie" des souvenirs d'enfants. Elle était plutôt froide et austère, à la manière des maîtresses d'école qu'elle était autrefois. Je me sentais plus proche de mon autre grand-mère qui correspondait mieux à l'image qu'on s'en fait tous et chez qui j'adorais aller  dans la campagne béarnaise.

J'ai écrit cette chanson au moment où elle est entrée en maison de retraite : j'ai essayé de me mettre à sa place. Que ressentait-elle ? Que se disait-elle ? En voulait-elle à ses enfants ? La mort, le vieillissement, la perte des facultés, quelles réactions ?

Je n'ai commencé à écrire qu'en 2005, pourquoi ?

J'ai toujours écouté de la musique sans jamais me limiter à un style particulier, bien au contraire, j'étais ouvert à tout et surtout j'appréciais d'en changer et d'en découvrir de nouveaux... Mais jamais je n'aurais pensé écrire, ça me semblait tellement inaccessible.

L'année charnière a été 2001. En 2001, j'avais le statut "emploi jeune". Oui si vous avez bien lu ma bio et si vous avez bien fait le calcul, j'avais alors trente ans. Trente ans, c'est jeune. J'ai toujours pris mon temps pour faire les choses. Fin des sarcasmes.

J'étais employé par une association paloise, l'AGPI, pour intervenir dans les écoles auprès d'enfants en situation de handicap, j'étais auxiliaire de vie scolaire. Cette association s'est démenée pour qu'on puisse bénéficier d'une formation professionnelle qui puisse nous permettre d trouver un boulot à la fin de notre cdd. Dans le cadre de cette formation, je me suis retrouvé dans un module intitulé "Terre et pain dans les mains". C'était un atelier de découverte de la terre et de la poterie. Je ne me souviens plus du nom du formateur mais cet atelier a été essentiel dans ma vie et dans mon processus artistique. En manipulant l'argile, j'ai pris conscience que je pouvais créer. Qu'il y avait en moi quelque chose. En fait, ce fut LA révélation.

Pour la petite histoire, mes deux premières poteries sont toujours en exposition dans mon salon et lorsque j'ai des moments de doute, il me suffit de les regarder pour être rassuré.

C'est à partir de ce moments que j'ai commencé à écrire des vers, des rimes puis des bouts de strophes. Très vite, j'ai eu la sensation qu'il fallait que je donne vie à des personnages, à leurs histoires et que je mette des mots sur mes émotions, mes angoisses, mes névroses...le tout avec des mots simples, accessible à tous.

Depuis, quand j'imagine une histoire, j'essaie de m'imaginer le monde dans la tête des autres : bons, brutes, truands, méchants, femmes, enfants, serial killer...

Mais, quand parle-t-on exactement de Trouble Dissociatifs de la Personnalité ?